Interview de Vincent Gibelin, fondateur d’Univers Viager

1. Parcours

➤ Pouvez-vous vous présenter et nous raconter votre parcours professionnel, en particulier ces 15 dernières années ?

Je travaille dans le viager depuis 15 ans et j’ai fondé ma propre structure : Univers Viager, il y a maintenant huit ans.

Au départ, je travaillais seul. Puis j’ai recruté une collaboratrice pour m’accompagner et j’ai décidé de développer l’enseigne sous forme de réseau pour partager mon savoir-faire et répondre à la croissance constante du marché, via un modèle de concessions commerciales. Chaque concessionnaire reste indépendant, mais bénéficie de mon accompagnement (formation, juridique, technique, commercial…).

À côté de ça, je forme chaque année entre 200 et 250 notaires au viager, via les organismes INAFON et Némésis. Et j’ai également développé un service de Gestion de rente viagères grâce à un logiciel dédié, pour répondre à la demande des vendeurs et/ou des investisseurs. Je gère notamment tous les biens acquis par OG2I.

➤ Comment le viager est-il devenu un sujet d’intérêt ou de conviction pour vous ?

C’est venu d’une reconversion professionnelle. Après 20 ans passés dans l’agroalimentaire et la grande distribution (Mars, Saupiquet, Solinest…), j’avais besoin de changer.

J’ai découvert un métier profondément humain, aux antipodes de ce que je faisais avant. On travaille avec des personnes âgées, on leur permet de mieux vivre leur retraite. On se sent utile, on a un vrai impact.

➤ Pouvez-vous nous présenter votre ou vos entreprises et leur rôle dans l’écosystème immobilier ?

Univers Viager est un réseau national d’agences immobilières exclusivement dédié au viager avec déjà 14 agences sur l’ensemble du territoire. Pour accompagner le développement du marché, nous devrions connaître une croissance rapide dans les prochaines années compte tenu de l’attrait généré par le concept.

Je forme aussi des professionnels, notamment des notaires, et je propose un accompagnement permanent sur les aspects juridiques, de communication, d’animation etc…aux concessionnaires de notre réseau.

Je gère également les rentes viagères pour plusieurs clients, dont OG2I qui est un de nos partenaires.

➤ Si vous deviez résumer en une phrase ce qui vous anime aujourd’hui dans votre métier, que diriez-vous ?

Apporter des solutions concrètes aux seniors pour mieux vivre leur retraite, tout en développant un modèle immobilier responsable et durable.

Nous avons une vision résolument positive de ce type de ventes. Nous percevons le viager comme une solution moderne, attractive et solidaire.

2. Analyse & Vision du Marché

➤ Quelle est, selon vous, la place actuelle du viager dans l’écosystème immobilier et patrimonial français ?

Cela reste une niche : environ 1 % des transactions immobilières. Mais une niche en pleine croissance. On observe une dynamique très nette depuis 15 ans, avec de plus en plus d’acteurs, d’acheteurs et de vendeurs.

Le viager est une solution alternative, qui répond à de vrais enjeux : rester chez soi, augmenter son pouvoir d’achat pour les uns, investir son épargne de façon sociale responsable, c’est une approche différente de l’immobilier locatif ou de la bourse.

➤ Pensez-vous que la perception du viager a changé ces dernières années ? Si oui, en quoi ?

Oui, elle évolue, mais lentement. Il y a encore beaucoup de préjugés — le fameux « pari sur la mort ». Mais les grands acteurs, comme le n°1 du viager en France, ou encore l’arrivée des fonds d’investissement dont OG2I il y a quelques années, ont permis de mieux faire connaître le produit.

Aujourd’hui, beaucoup de vendeurs et d’investisseurs découvrent qu’il s’agit d’un système gagnant-gagnant, socialement utile, et économiquement pertinent. La pédagogie reste clé pour faire évoluer les mentalités.

➤ Avez-vous observé une hausse des transactions viagères ces dernières années ?

Absolument. Le marché est en croissance constante depuis 15 ans. Même si 2024 a été particulière, avec un climat politique et économique instable, nous avons enregistré +47 % d’activité sur le premier semestre 2025, en partie grâce à l’expansion du réseau.

Ce qu’il faut comprendre, c’est que la demande structurelle est là : les baby-boomers arrivent à la retraite, les pensions ne suivent pas, et les Français veulent vieillir chez eux. Le viager coche toutes les cases.

➤ Quelles tendances majeures observez-vous pour les 5 à 10 prochaines années ?

Deux grandes tendances vont porter le marché :

  1. La démographie : le vieillissement de la population est massif, documenté dans tous les rapports publics (Libault, Haut-Commissariat au Plan…).
  2. La paupérisation des seniors : les retraites stagnent, les charges augmentent, et beaucoup peinent à profiter pleinement de leur retraite.

À cela s’ajoutent des leviers potentiels : défiscalisation des rentes pour les acheteurs, possibilité de faire du viager en famille… Ce sont des pistes évoquées, notamment dans les travaux du Congrès des notaires.

3. Partenariat

➤ Comment avez-vous connu OG2I et qu’est-ce qui vous a incité à devenir partenaire ?

Je connais Régis Jacquemin, le fondateur d’OG2I, depuis longtemps, bien avant l’agrément AMF. À l’époque, il montait des club deals d’investissement en viager occupé, et nous avons tout de suite accroché humainement. Cela a donné lieu à de nombreuses transactions, et à la cofondation d’une société spécialisée en viager dont nous avons revendu nos parts depuis.

OG2I est aujourd’hui un partenaire important, fiable, structuré, qui partage notre vision sociale du viager.

➤ Si vous deviez décrire en quelques mots la complémentarité entre votre structure et OG2I, quels seraient-ils ?

OG2I est aujourd’hui un partenaire important. Les fonds comme le vôtre sont un levier à la fois pour mon développement, mais surtout pour répondre à une demande sociale croissante. OG2I apporte de la puissance d’investissement et une certaine sécurité pour les vendeurs. De mon côté, j’apporte le terrain, les dossiers, le réseau, l’humain. Les fonds d’investissement vont en complément du marché gré à gré. Ensemble, nous construisons une chaîne vertueuse : des seniors biens accompagnés, et des investisseurs sécurisés.

➤ Que dites-vous aux futurs vendeurs en viager quand la solution OG2I se présente pour acheter leurs biens ?

Je suis transparent : l’offre d’un fonds est souvent un peu moins favorable qu’une vente en gré à gré. Notamment pour assurer de la rentabilité aux investisseurs.

Mais en contrepartie, c’est une solution rapide, sécurisée, supervisée par l’AMF, avec une garantie de paiement.

C’est souvent une excellente alternative lorsque le vendeur est très âgé ou très pressé et qu’on ne trouve pas preneur rapidement sur le marché du gré à gré.

Je m’assure toujours que le vendeur comprenne bien les avantages et les limites de ce type d’offre. C’est en toute transparence qu’il décidera de donner suite ou pas à telle ou telle offre, c’est une question d’éthique et de respect.

➤ Pour finir, avez-vous un message à adresser à nos partenaires, clients ou futurs investisseurs ?

Oui : informez-vous. Le viager n’est pas compliqué, mais il est méconnu. La pédagogie est notre meilleur outil. Dès lors que l’on comprend comment ça fonctionne, tout devient plus clair.

Le viager, c’est une solution d’avenir. Sociale, responsable, rentable. Encore faut-il savoir la lire.